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Interview d’Olivier Roussat : ce que Bouygues reprend de SFR

Invité du 18/19 sur BFM Business, le directeur général du groupe Bouygues s’est exprimé sur le rachat de SFR. C’était sa première prise de parole télévisée sur le dossier. Cette interview d’Olivier Roussat est à retrouver en vidéo plus bas. Le dirigeant y détaille ce que Bouygues reprend, le calendrier et les conditions. Voici l’essentiel, au conditionnel tant que les autorisations ne sont pas obtenues.

À noter : l’opération n’est pas finalisée. Elle reste soumise aux autorisations de l’Autorité de la concurrence (en France ou à Bruxelles) et de l’ARCEP. Les montants, le calendrier et les conditions sont donc présentés au conditionnel.

Interview d’Olivier Roussat : ce que Bouygues reprend de SFR

Dans le périmètre repris à SFR, Bouygues Telecom récupérerait d’abord toute l’activité entreprise, le B2B. Ensuite, une partie des clients grand public, le « carré rouge », au fixe comme au mobile. S’y ajouteraient le MVNO Prixtel et, surtout, la part de réseau que les deux opérateurs partageaient. « Nous rachetons le morceau de réseau que nous partagions avec SFR pour reprendre la main sur la totalité du réseau », explique Olivier Roussat.

Côté magasins, chaque repreneur reprendrait une quarantaine de boutiques. Au total, Bouygues assumerait la plus grosse part : environ 42 % du financement, soit près de 8,5 milliards d’euros. Pour le détail, consultez notre article sur le rachat de SFR expliqué simplement. Voir aussi la répartition des fréquences et l’ambition de Bouygues Telecom numéro 2.

L’interview d’Olivier Roussat, directeur général du groupe Bouygues, sur BFM Business (émission animée par Hedwige Chevrillon), juin 2026.

Interview d’Olivier Roussat : un calendrier en deux temps

Le dirigeant insiste sur la durée. D’abord, une phase d’instruction « antitrust » d’environ 18 mois, pendant laquelle rien ne bouge. Ensuite, si le feu vert tombe, une migration étalée sur 30 mois. « Imaginons une autorisation au 1er janvier 2028 : 30 mois de migration nous poussent à juin 2030 », illustre-t-il.

Surtout, la bascule se veut indolore. Les opérateurs privilégieraient l’OTA (mise à jour à distance), pour changer le client de réseau « sans couture ». Par ailleurs, la marque SFR resterait active le temps de migrer, mais ne serait plus commercialisée. Nous détaillons les conséquences côté abonnés dans notre article migration des clients SFR. Il fait écho à l’interview de Benoît Torloting.

Emploi et concurrence : rétention et feu vert

Sur l’emploi, l’enjeu est inhabituel. En effet, les salariés de SFR Business basculeraient chez Bouygues Telecom dès l’autorisation. Pour le reste, une société dédiée mènerait la migration sur 30 mois. « Notre problématique sera une problématique de rétention, pas de départ », souligne Olivier Roussat. Côté boutiques, des propositions seraient par ailleurs faites aux salariés de SFR Distribution.

Côté concurrence, l’opération passe par trois notifications : Iliad à Bruxelles, Orange et Bouygues Telecom en France. Surtout, le président de l’Autorité de la concurrence a prévenu que l’opération « ne va pas de soi ». L’objectif du régulateur reste un marché animé, avec un acteur qui tire les prix. Ainsi, des contreparties sont possibles, par exemple des engagements d’investissement, comme l’a demandé l’Ofcom au Royaume-Uni. Pour approfondir, voir nos articles sur l’Autorité de la concurrence et la vigilance de l’ARCEP.

Prix, synergies et place de numéro 2

La question des prix revient, forcément. Pour Olivier Roussat, la guerre des prix n’est pas finie : à trois opérateurs, « le marché va rester animé ». Côté économies, les synergies atteindraient près d’un milliard d’euros par an, mais seulement à partir de 2032. Surtout, Bouygues Telecom deviendrait un solide numéro 2, avec l’ambition de réduire l’écart avec Orange. Enfin, le dirigeant vise le marché entreprise, où SFR apporte une expertise (cybersécurité, services réseau) que Bouygues compte exploiter.

Au-delà des télécoms : Olivier Roussat confirme un intérêt maintenu pour M6, dont l’actionnariat ne peut toutefois pas évoluer avant avril 2028. Il rappelle aussi la diversification du groupe avec Equans (7 milliards d’euros, près de 3 milliards de trésorerie depuis 2022). Un possible groupement avec Vinci et Eiffage est par ailleurs évoqué pour les futurs EPR2 d’EDF. Sur le logement, enfin, il juge le marché « à l’arrêt » faute d’investisseurs particuliers. Et la hausse des taux n’est, selon lui, « pas une bonne nouvelle ».

Questions fréquentes

Combien Bouygues met-il sur la table pour SFR ?
Environ 8,5 milliards d’euros, soit près de 42 % du financement de l’opération, qui valorise SFR à 20,35 milliards d’euros. C’est Bouygues qui reprend le périmètre le plus large, devant Free et Orange.
Quand la migration des clients SFR aura-t-elle lieu ?
Sous réserve des autorisations, l’instruction durerait environ 18 mois. Ensuite, la migration s’étalerait sur 30 mois. Exemple cité par Olivier Roussat : une autorisation début 2028 conduirait à une fin de migration vers juin 2030.
SFR Business va-t-il disparaître ?
La marque SFR Business serait reprise par Bouygues Telecom, puis renommée progressivement Bouygues Telecom Entreprises, au fil des renouvellements de contrats. À terme, la marque SFR ne serait plus commercialisée.

Sources : interview d’Olivier Roussat (directeur général du groupe Bouygues), émission « Le 18/19 » de Hedwige Chevrillon, BFM Business, juin 2026 (vidéo intégrée et transcription). Chiffres recoupés avec le protocole d’accord du 6 juin 2026 (valorisation 20,35 milliards d’euros, financement réparti à 42 % / 31 % / 27 %). Opération soumise aux autorisations de l’Autorité de la concurrence (France ou Bruxelles) et de l’ARCEP : éléments donnés au conditionnel et susceptibles d’évoluer.

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ToFoo93