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L’accord de rachat de SFR est officiel. Ce 6 juin 2026, Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange signent un protocole d’accord avec Altice France pour l’acquisition des actifs de SFR. Ainsi, moins de 24 heures après l’annonce du délai de 48 heures, le consortium formalise les termes de cette opération historique valorisée à 20,35 milliards d’euros. Cet accord de rachat SFR ouvre désormais une phase réglementaire qui s’étendra jusqu’au second semestre 2027.

Valeur de l’opération
20,35 Md€

Part Bouygues Telecom
42 %

Clients SFR redistribués
~19,3 M

Closing estimé
S2 2027

Accord rachat SFR : les termes financiers du protocole

Le prix total de l’opération est fixé à 20,35 milliards d’euros en valeur d’entreprise. Ce montant reste conforme à l’offre indicative soumise le 17 avril 2026. Toutefois, un complément de prix potentiel peut porter la valorisation jusqu’à 21 milliards d’euros. Ce mécanisme d’earn-out est plafonné à 650 millions d’euros. Il dépend des performances financières de SFR après la signature.

Par ailleurs, le protocole intègre des mécanismes de protection. Un ajustement à la baisse du prix s’applique si la performance de SFR se dégrade avant le closing. Des clauses de sortie permettent également à chaque partie de se retirer sous certaines conditions. Enfin, le protocole prévoit des indemnités de rupture. Elles varient de 100 millions d’euros en phase de protocole jusqu’à 2 milliards d’euros selon l’initiateur et le moment de la sortie.

La répartition du financement entre les trois opérateurs reste inchangée. Bouygues Telecom prend en charge environ 42 % du prix, Free-Groupe iliad 31 % et Orange 27 %. Ces pourcentages peuvent évoluer d’ici au closing selon les bases clients à la date de réalisation de la transaction.

La répartition des actifs SFR entre Bouygues, Free et Orange

Ce que Bouygues Telecom récupère

Bouygues Telecom obtient le périmètre le plus large de cette opération. D’abord, l’intégralité de l’activité SFR Business, c’est-à-dire l’ensemble des clients et services professionnels de SFR. Ensuite, 5,9 millions de clients grand public SFR et le MVNO Prixtel avec 500 000 clients supplémentaires. En outre, Bouygues Telecom hérite du réseau mobile SFR dans les zones non denses (réseau Crozon) et des infrastructures dédiées au fixe B2B. Une partie du réseau FTTH en zone très dense (réseau Faber) complète ce périmètre.

Sur la base des données 2025, Bouygues Telecom représentera 52 % du chiffre d’affaires total redistribué, et 42 % de l’EBITDAaL. C’est précisément cette position majoritaire qui traduit l’ambition de Bouygues Telecom de changer de dimension sur le marché français.

Les parts de Free et d’Orange

Free-Groupe iliad récupère l’intégralité de la base RED by SFR, soit 6 millions de clients. En plus de ce périmètre, Free intègre 1,6 million de clients B2C SFR et 400 000 clients TPE sous marque SFR. Orange, de son côté, prend en charge 4,9 millions de clients. Ce périmètre inclut notamment les bases des MVNOs Réglo, Syma et Coriolis. Les trois opérateurs se partagent par ailleurs les fréquences, selon des modalités à préciser dans la documentation juridique définitive.

Les actifs non repris directement, notamment les réseaux fixe et mobile hors Crozon ainsi qu’une partie des systèmes d’information, restent dans SFR SA pendant une période transitoire d’au moins 30 mois. Durant cette phase, les trois membres du consortium détiennent SFR SA à parts égales. Cela garantit la continuité de service pendant la migration des abonnés.

L’emploi garanti jusqu’en 2029 : l’engagement social du consortium

Le consortium prend un engagement social fort. Tous les salariés du périmètre repris bénéficient d’une garantie d’emploi jusqu’au début 2029. Concrètement, cela signifie soit la poursuite du contrat de travail, soit une proposition d’emploi au sein de l’une des trois entités. Les trois opérateurs s’engagent également à ouvrir un dialogue social avec les organisations syndicales représentatives de SFR.

En effet, la migration de plusieurs millions d’abonnés, de systèmes et d’infrastructures constitue un programme industriel pluriannuel. La réussite de cette opération repose directement sur les équipes SFR. Leur expertise est indispensable à la continuité de service. C’est pourquoi le consortium a placé cet engagement social au coeur du protocole d’accord.

Ce que le rachat SFR change pour les clients Bouygues Telecom

Pour les clients actuels de Bouygues Telecom, rien ne change à court terme. Les offres, les tarifs et les services restent identiques pendant toute la phase réglementaire. Les parties ciblent la signature de la documentation juridique définitive au second semestre 2026. Le consortium anticipe le closing au second semestre 2027, sous réserve du feu vert des autorités de concurrence françaises et européennes.

Ce que Bouygues Telecom gagne à terme

À terme, l’intégration des actifs SFR ouvre des perspectives concrètes pour les abonnés. Bouygues Telecom élargit significativement sa base clients sur le mobile et le fixe. De plus, l’opérateur renforce son infrastructure réseau, notamment dans les zones peu denses via le réseau Crozon. C’est précisément ce renforcement qui devrait bénéficier aux abonnés, à l’horizon de plusieurs années, sous forme d’une meilleure couverture et de services enrichis.

Pour en savoir plus sur le contexte de ce dossier, retrouvez notre article du 5 juin sur le délai de 48 heures et notre analyse sur la prolongation de l’exclusivité.

Important : un protocole d’accord n’est pas une signature définitive. L’opération reste soumise à l’approbation des autorités de la concurrence. Les parties ciblent la signature de la documentation juridique définitive au second semestre 2026. Bbox-Mag publiera une mise à jour à chaque étape du processus.

Quelle est la différence entre un protocole d’accord et une signature définitive ?
Un protocole d’accord (ou MoU, Memorandum of Understanding) formalise l’intention des parties de conclure une transaction et en précise les grandes modalités. Il n’est toutefois pas encore la documentation juridique définitive. Cette dernière, attendue au second semestre 2026, précisera tous les engagements contraignants. La réalisation effective de l’opération, le closing, n’intervient qu’après l’obtention des autorisations réglementaires, notamment des autorités de la concurrence françaises et européennes. Le calendrier prévisionnel situe ce closing au second semestre 2027.
Pourquoi l’opération est qualifiée d’information privilégiée en bourse ?
Bouygues SA et Orange SA sont toutes deux cotées sur Euronext Paris. Cette opération est susceptible d’avoir un impact sur leurs cours boursiers respectifs. Conformément à l’article 7.1 du règlement européen UE 596/2014 sur les abus de marché, les deux sociétés la qualifient donc d’information privilégiée avant sa diffusion. Concrètement, les parties l’ont communiquée simultanément au marché et au grand public, dans le respect des obligations réglementaires boursières.
Que se passe-t-il si les autorités de la concurrence bloquent l’opération ?
Le protocole d’accord prévoit des clauses de sortie et des indemnités de rupture. Si les autorités imposent des conditions inacceptables ou refusent l’opération, chaque partie peut se retirer selon des modalités contractuellement définies. Dans ce cas, les indemnités de rupture s’appliqueraient selon l’initiateur et le motif de sortie. En pratique, les autorités de la concurrence imposent souvent des engagements (cessions d’actifs, engagements de qualité de service) plutôt qu’un refus pur. Le processus d’examen devrait débuter rapidement après la signature de la documentation définitive.

Sources : communiqué de presse conjoint Altice France, Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange, 6 juin 2026. Corporate Bouygues Telecom (corporate.bouyguestelecom.fr). Articles précédents Bbox-Mag : délai de 48 heures (5 juin 2026) et prolongation de l’exclusivité (15 mai 2026).