L’Arcep publie ce 16 juillet 2026 son rapport annuel sur l’état de l’internet en France. Il alerte notamment sur l’empreinte environnementale de l’IA. Les centres de données qui hébergent les services d’intelligence artificielle générative consomment ainsi de plus en plus d’électricité. Voici les chiffres, les raisons de cette hausse, et les pistes évoquées par le régulateur.
Empreinte environnementale de l’IA : les chiffres qui inquiètent
L’enquête annuelle « Pour un numérique soutenable » documente ainsi l’impact grandissant des centres de données. Entre 2023 et 2024, leur consommation électrique progresse de 12 %. Leurs émissions de gaz à effet de serre grimpent quant à elles de 23 % sur la même période. Ces opérateurs améliorent pourtant leur efficacité énergétique d’année en année. Le développement rapide des services d’IA générative qu’ils hébergent l’emporte donc largement sur ces gains.
Pourquoi l’empreinte environnementale de l’IA s’alourdit
L’IA générative devient en effet une nouvelle porte d’entrée vers les contenus et les services en ligne. Elle sélectionne, résume et reformule les ressources du web à la place de l’internaute. Ce nouvel usage transforme donc en profondeur les marchés numériques. Il alourdit, dans le même temps, l’empreinte environnementale du secteur. L’Arcep souligne par ailleurs l’importance croissante de la phase d’inférence, c’est-à-dire le moment où le modèle répond concrètement à une requête. Cette phase pèse de plus en plus lourd, à mesure que les usages se multiplient.
Le manque de transparence pointé du doigt
Dans son rapport « IA générative : de nouveaux défis environnementaux ? », l’Arcep dresse ainsi un constat sévère. Les concepteurs de modèles et les fournisseurs de services d’IA communiquent encore trop peu sur leurs impacts environnementaux réels. Cette opacité complique en effet toute comparaison sérieuse entre les différents outils disponibles. Elle empêche aussi les utilisateurs, entreprises comme particuliers, de faire des choix vraiment éclairés.
Vers une IA plus frugale, sans perte de performance
L’Arcep a mené des travaux conjoints avec le PEReN, le pôle d’expertise de la régulation numérique. Ils montrent un résultat encourageant. Une IA plus frugale n’implique pas nécessairement un compromis sur la performance. Certains modèles, moins gourmands en ressources, fournissent ainsi des réponses aussi pertinentes que des modèles bien plus énergivores. Réduire l’empreinte environnementale de l’IA passe donc aussi par l’écoconception. L’Arcep recommande ainsi de l’intégrer dès la conception des services d’IA. Elle s’appuie pour cela sur son référentiel général de l’écoconception des services numériques, déjà utilisé par d’autres acteurs du secteur.
Bouygues Telecom publie de son côté ses propres engagements en matière de numérique responsable, sur l’ensemble de ses activités. Ce constat de l’Arcep confirme ainsi l’importance croissante de ces démarches, à mesure que l’IA générative se généralise dans les usages du quotidien.