Vous avez 14 jours pour changer d’avis après un achat sur Internet. Le droit de rétractation en ligne vient d’évoluer : depuis le 19 juin 2026, chaque site doit en effet afficher un bouton dédié. Voici vos droits, les nouveautés et la marche à suivre.
Droit de rétractation en ligne : la règle des 14 jours
Le principe vient du droit européen. La directive de 2011, transposée en France par la loi Hamon de 2014, a fixé un délai unique : 14 jours. Ainsi, vous pouvez renvoyer un produit acheté à distance sans justification ni pénalité. En pratique, le délai court à partir de la réception du colis. Pour un service ou un abonnement, il démarre dès la conclusion du contrat.
Ensuite, le vendeur doit vous rembourser dans les 14 jours suivant votre demande. De plus, le remboursement couvre le prix du produit et les frais de livraison standard. En revanche, les frais de retour peuvent rester à votre charge. Cela reste légal, mais uniquement si le site vous en a informé avant la commande. Par ailleurs, un site qui omet de mentionner ce droit s’expose à une sanction automatique. Dans ce cas, votre délai passe de 14 jours à 12 mois.
Les exceptions à connaître
Toutefois, certains achats échappent à la règle. C’est notamment le cas des produits personnalisés, des denrées périssables et des produits d’hygiène descellés. Les contenus numériques téléchargés immédiatement, avec votre accord exprès, sont aussi exclus. Par exemple, les billets de train, d’avion ou de spectacle ne sont pas concernés. Enfin, un logiciel ou un jeu vidéo descellé ne peut plus être retourné.
Un bouton de rétractation obligatoire depuis juin 2026
Jusqu’ici, chaque site organisait la rétractation à sa manière. Or, les pratiques variaient beaucoup : formulaire caché, adresse introuvable, parcours décourageant. C’est précisément ce que corrige la directive européenne 2023/2673, adoptée en novembre 2023. La France l’a donc transposée par l’ordonnance n° 2026-2 du 5 janvier 2026. Ce texte modifie l’article L221-21 du Code de la consommation.
Depuis le 19 juin 2026, la règle est claire. Tout professionnel qui vend à distance via un site, une appli ou une place de marché doit proposer une fonction de rétractation gratuite. Elle doit être facilement accessible. Une mention explicite doit la signaler, par exemple « renoncer au contrat ici ». De plus, elle doit rester disponible pendant toute la durée du délai de 14 jours. Le professionnel doit ensuite accuser réception de votre demande sur un support durable, un e-mail par exemple.
Ainsi, plus besoin de chercher un formulaire enfoui dans les conditions générales. Le droit de rétractation en ligne devient donc un parcours balisé, en quelques clics. En cas de manquement, le site fautif encourt donc une amende administrative. Elle peut atteindre 15 000 € pour une personne physique et 75 000 € pour une société.
Des sites marchands sous surveillance renforcée
La DGCCRF, le gendarme français de la consommation, a intensifié ses contrôles sur les grandes plateformes. Les sanctions récentes le montrent d’ailleurs. En juillet 2025, Shein a d’abord écopé de 40 millions d’euros d’amende pour de fausses promotions. Puis, en juin 2026, la répression des fraudes a de nouveau sanctionné le géant de la mode. Montant : 22,4 millions d’euros, dont 5,7 millions liés notamment au non-respect du droit de rétractation en ligne. Par ailleurs, Temu fait aussi l’objet de sanctions au niveau européen, pour environ 200 millions d’euros selon la presse.
Au quotidien, certaines pratiques doivent vous alerter. Depuis l’échéance du 19 juin 2026, la conformité reste toutefois inégale d’un site à l’autre. Selon les experts du secteur, toutes les places de marché n’étaient pas prêtes à cette date. De son côté, la DGCCRF n’a pas encore publié de bilan officiel des contrôles. Certains signes doivent donc vous alerter. Par exemple, un remboursement qui traîne au-delà de 14 jours n’est pas normal. Un site qui impose un avoir à la place d’un remboursement est aussi en tort. Enfin, méfiez-vous des parcours de retour volontairement compliqués. Vous pouvez alors signaler ces abus sur SignalConso (signal.conso.gouv.fr), la plateforme officielle de la DGCCRF.
Exercer votre droit de rétractation en ligne : mode d’emploi
D’abord, repérez le bouton ou le lien de rétractation sur le site marchand. Depuis le 19 juin 2026, il doit être visible sur les sites, les applis et les marketplaces. À défaut, vous pouvez également utiliser le formulaire type fourni avec votre commande. Une déclaration sans ambiguïté, par e-mail ou courrier, fonctionne également. Ensuite, conservez une preuve de votre demande, comme l’accusé de réception.
Puis renvoyez le produit dans les 14 jours suivant votre déclaration. Utilisez de préférence un envoi suivi, c’est plus prudent. Le remboursement doit ensuite intervenir sous 14 jours. Le vendeur peut toutefois le différer jusqu’à la réception du colis ou d’une preuve d’expédition.