Bouygues Telecom Cap 2030 : cette réorganisation interne, prévue le 1er septembre 2026, vise avant tout à faire progresser ce plan stratégique lancé il y a deux ans. Le projet a démarré avant qu’un possible rachat de SFR ne soit évoqué. Il faciliterait néanmoins, si l’opération se concrétise, une éventuelle intégration de SFR Business.
Bouygues Telecom Cap 2030 : une réorganisation en deux pôles dès septembre
Au 1er septembre 2026, Bouygues Telecom rassemble ses entités grand public et entreprise. L’opérateur les répartit ensuite en deux pôles distincts. Ainsi, une direction des marchés regroupe le marketing et la vente. En revanche, une direction des opérations couvre le déploiement, la connexion à la maison et l’exploitation du réseau. Les deux responsables intègrent enfin le Comité de Direction Générale.
François Treuil dirige la branche Entreprises depuis 17 ans. Il quitte toutefois son poste. Il est appelé à prendre d’autres fonctions au sein du groupe Bouygues Telecom. D’après La Tribune, c’est en effet lui qui aurait travaillé pendant des mois sur cette réorganisation.
Bouygues Telecom Cap 2030 : un projet antérieur à tout dossier SFR
Bouygues Telecom présente ce chantier comme la continuité de son plan stratégique Cap 2030, lancé il y a deux ans. L’opérateur a ainsi confirmé la nature du projet dans une déclaration transmise à La Tribune : « Bouygues Telecom confirme une réorganisation interne d’une partie de ses activités, effective début septembre, visant à accroître la performance de ses marchés Entreprises et Grand Public. Cette initiative sans lien avec un éventuel rachat de SFR et sans impact sur l’emploi s’inscrit dans la feuille de route Cap 2030 pour préparer l’entreprise aux défis futurs. »
Plusieurs représentants du personnel confirment d’ailleurs l’antériorité du projet. Ils n’écartent cependant pas son utilité stratégique en parallèle. « Cette réorganisation était effectivement en projet avant qu’un protocole d’accord ne soit signé entre Altice France et le trio de repreneurs Bouygues Telecom, Free et Orange », indique Olivier Louise, secrétaire général CFTC du groupe Bouygues.
Un lien conditionnel avec un possible rapprochement SFR
En pratique, cette organisation faciliterait aussi un éventuel rachat, selon Olivier Louise, si celui-ci aboutit. Elle rendrait ainsi l’opérateur « SFR compatible », dans cette hypothèse. Du côté des élus de SFR, le constat rejoint cette analyse. « Bouygues est en train d’adopter une organisation proche de celle que nous connaissons déjà », relève Abdelkader Choukrane, secrétaire général Unsa com et délégué syndical central de SFR.
L’enjeu dépasse par ailleurs la seule structure interne. Si le rachat se concrétise fin 2027, les 2 400 salariés de SFR Business éviteront la structure commune SFR SA. Ils seraient en effet directement transférés chez Bouygues Telecom. Or, la branche entreprises de l’opérateur ne compte aujourd’hui qu’un millier de salariés. Dans cette hypothèse, elle devrait donc absorber d’un coup une structure 2,4 fois plus grosse qu’elle.
« En séparant direction des marchés et opérations, cela permet de rendre un rachat potentiel plus assimilable », souligne Olivier Louise. « L’avantage, c’est aussi de partager la pression de cette opération sur deux directeurs au lieu d’un seul. »
Emploi : les syndicats restent vigilants
Chez Bouygues Telecom, la CFDT réclame des garanties
Bouygues Telecom affirme que cette réorganisation n’aura aucun impact sur l’emploi. Les représentants du personnel en doutent cependant. Ils regrettent notamment que les documents présentés par la direction ne comportent aucun effectif cible. « Des salariés de Bouygues Telecom pourraient être poussés à partir pour préparer la consolidation », estime Azzam Ahdab, délégué syndical central CFDT de Bouygues Telecom.
« C’est pour cela que la CFDT demande l’ouverture d’une négociation pour garantir les emplois, précise-t-il. Les annonces n’ont pas de valeur si elles ne sont pas écrites dans un accord. »
Côté SFR, jusqu’à 80 % de postes en doublon redoutés
Du côté de SFR, l’inquiétude est également présente. Abdelkader Choukrane évoque en effet un risque de doublons de postes. Il l’estime même à 80 % des 2 400 emplois de SFR Business. Ces doublons concerneraient surtout la vente, la relation client, les fonctions support et certaines activités du système d’information.
Les négociations entre l’intersyndicale de SFR et le trio de repreneurs se poursuivent par ailleurs. Elles avancent en parallèle des procédures d’information-consultation menées chez chaque opérateur. Elles devraient donc continuer tout l’été.