Le 30 juin 2026, le partenariat Bouygues Telecom Aduna est officialisé : l’opérateur rejoint la joint-venture fondée par Ericsson et les principaux opérateurs mondiaux pour sécuriser les parcours numériques des entreprises. Trois API réseau sont ainsi déjà disponibles pour les banques, les sites marchands et les réseaux sociaux. L’objectif est en effet de lutter contre la fraude en ligne sans alourdir l’expérience utilisateur.
Bouygues Telecom Aduna : un partenariat mondial basé sur la norme CAMARA
Aduna est une joint-venture fondée par Ericsson et un ensemble d’opérateurs de référence : AT&T, Deutsche Telekom, Orange, Telefónica, T-Mobile, Verizon, Vodafone, KDDI, Singtel, Telstra, Bharti Airtel et Reliance Jio, soit plus de douze partenaires. Ces opérateurs mettent en commun leurs capacités réseau au sein d’une plateforme unifiée, pilotée par la norme CAMARA de la GSMA et la Linux Foundation.
Ce cadre commun permet en effet d’accéder aux données réseau de tous ces opérateurs via une seule intégration. L’entreprise n’a donc plus à négocier avec chacun séparément. Jusqu’à présent, déployer des outils de sécurité multi-opérateurs à l’échelle internationale imposait des développements lourds et fragmentés. Le réseau agit ainsi comme une plateforme logicielle normalisée, que les développeurs interrogent via des API standardisées.
Bouygues Telecom accompagne par ailleurs déjà plus de quarante entreprises françaises dans ces secteurs stratégiques. La pertinence de cette approche se mesure notamment aux chiffres : plus de cinq millions d’appels à ces services d’API sur la seule année 2025. En rejoignant Aduna, l’opérateur étend donc sa portée à l’échelle mondiale tout en s’appuyant sur une expertise locale déjà éprouvée.
Know Your Customer, SIM Swap et Number Verification : les trois API disponibles
Trois solutions sont d’ores et déjà disponibles pour les entreprises qui intègrent la plateforme Aduna. Elles ciblent en priorité les banques, les assurances, les organismes de crédit et les grandes plateformes d’e-commerce. Les réponses prennent la forme de signaux « vrai/faux ». L’infrastructure sécurisée de Bouygues Telecom calcule ces signaux, à partir des données liées à la SIM, à l’identité réseau ou au terminal utilisé.
Dès la fin de l’année 2026, Bouygues Telecom et Aduna franchiront ensuite une nouvelle étape. Une version enrichie de l’API Number Verification vise notamment à remplacer progressivement les SMS à code unique (OTP). Pour les entreprises, c’est donc la promesse d’un parcours d’achat ou de connexion sans friction, combiné au plus haut niveau de sécurité disponible sur le marché de l’identité numérique.
Ce que le partenariat Bouygues Telecom Aduna change pour les entreprises et leurs clients
Pour une banque ou un site marchand, l’intégration est en effet unique et standardisée. Une seule connexion technique suffit pour accéder aux capacités réseau de l’ensemble des opérateurs partenaires d’Aduna, à l’échelle mondiale. Le déploiement se simplifie ainsi considérablement. Les approches précédentes nécessitaient en effet des accords bilatéraux avec chaque opérateur concerné.
Pour l’utilisateur final, le bénéfice est toutefois plus discret, et c’est précisément l’objectif. La vérification d’identité s’effectue en arrière-plan, sans formulaire supplémentaire ni SMS à saisir. La fraude se combat en revanche avec les données les plus fiables disponibles : celles du réseau lui-même. Chrystel Abadie Truchet, Directrice Générale Adjointe Stratégie, Développement et Communication de Bouygues Telecom, résume l’ambition : « mettre la fiabilité incontestable de nos données réseaux au service de la protection des consommateurs. »
Anthony Bartolo, PDG d’Aduna, souligne par ailleurs l’enjeu central. Pour lui : « Alors que la fraude devient de plus en plus sophistiquée, les entreprises ont besoin de moyens plus fiables pour vérifier les identités et protéger leurs interactions numériques. » Ce partenariat s’inscrit donc dans une logique de confiance numérique souveraine, dans un contexte d’essor de l’intelligence artificielle et de croissance des risques cyber.