L’Autorité De La concurrence devrait (Les Echos, 06/06) rendre un avis avec des conditions très strictes pour Canal+. Le groupe Canal+ demande à l’ADLC de lever une injonction concernant la distribution de chaînes premium comme BeIN Sports. Une mesure imposée au groupe Canal en 2012 parce qu’il n’avait pas respecté ses engagements de 2006 suite à la fusion entre son bouquet CanalSat et TPS. 

Pour l’ADLC, comme pour le CSA, l’accord entre Canal+ et BeIN Sports aurait un impact pour les concurrents, car Canal+ prendrait en charge la gestion complète des abonnements de BeIn Sports. Ce qui empêcherait les opérateurs télécoms de faire jouer la concurrence. Selon Les Echos, l’ADLC proposerait que Canal+ vende BeIN Sports à des prix de gros. L’ADLC ne verrait pas la situation de Canal+ de façon aussi noire que le répète Bolloré. BeIN Sports et Netflix n’apparaissant pas comme une menace “mortelle” de même que la montée en charge de SFR ne permettrait pas de rogner très sérieusement le poids de Canal+. Enfin, comme les injonctions de l’ADLC envers Canal+ viennent à échéance dans un an, il n’est pas nécessaire de bouleverser le calendrier. La réponse de l’ADLC pourrait être rendue cette semaine.

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Selon le groupe BFM (03/05), le CSA serait très opposé à l’accord de distribution exclusif de BeIN Sports par Canal+. 5 raisons sont évoquées :

  1. Un risque d’entente illicite sur l’achat de droits
  2. Un impact négatif sur les concurrents. Orange et SFR seraient contre l’exclusivité et surtout contre le fait que Canal+ prenne en charge la gestion complète des abonnements de BeIn Sports.
  3. Canal Plus reste en position dominante : BeIN Sports est une chaine Premium et l’ADLC a interdit à Canal+ d’en distribuer en exclusivité. Pour le CSA, rien permet de dire que la concurrence (SFR, Netflix) va changer la donne. Selon le CSA : “En effet, entre 2012 et 2015, la filiale de Vivendi est passée de 82% à 77% du marché en valeur, et de 64% à 55% en volume”. Avec BeIN Sports le risque de duopole serait très important.
  4. Netflix, la menace fantôme. Pour le CSA les offres de SVOD sont d’abord complémentaires. Selon un sondage de l’IFOP : “42% des abonnés à une offre de SVoD sont aussi abonnés à Canal Plus, et 31% à CanalSat”.
  5. Un obstacle juridique. La levée de l’interdiction de distribuer une chaine Premium en exclusivité remettrait en cause l’équilibre de l’avis de l’ADLC de juin 2012.

Canal+ : quelques chiffres, la crise ?
Lors de son audition devant les Députés (L’Express 02/06) – Dominique Saada Directeur Général de Canal+ – a déclaré que : “Canal+ a perdu plus 500.000 abonnés en 5 ans, passant de 4,42 millions en 2012 à 3,88 millions début 2016 (…) Depuis 2004, nous n’avons été positif qu’une seule fois en nombre d’abonnés d’une année sur l’autre”. CanalSat et CanalPlay compterait donc 1,66 million de clients

Pour rappel, les derniers chiffres publiés à fin mars.

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Sur l’avenir et au-delà de l’exclusivité de distribution de BeIN Sports, il a réaffirmé que le modèle de Canal+ allait fortement évoluer : “Il est compliqué de ne proposer qu’une offre monobloc à 40 euros (…) Il est compliqué d’avoir des offres sans engagement quand on investit 1,6 milliard d’euros par an dans les programmes, mais nous ne pouvons pas ne pas bouger (…) On tentera une certain nombre de choses à la fin de l’année pour séduire des populations qui n’ont pas les moyens ou pas l’envie de dépenser 40 euros par mois pour Canal+”.

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