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Au-delà des économies réalisées par les uns et les autres, la banque revient sur les complications pour Orange et Free : "une acquisition potentielle de Bouygues Telecom par Orange n'a aucune logique industrielle", par contre "un mariage de raison (entre Free et Bouygues)" aurait plus de sens : "le scénario le plus réaliste (…) la solution la plus raisonnable". 
 
Pour eux, les inconvénients liés à la régulation d’un rachat par Orange sont trop grands : "dans la mesure où l'entité combinée posséderait 61,7% des antennes 3G et 80,4% des antennes 4G en service à fin mai", le nouvel ensemble aurait "une part de marché de 49% en nombre d'abonnés et de 60% en chiffre d'affaires des services mobiles (…) Orange ne serait pas autorisé à conserver l'activité Entreprises de Bouygues". 
 
Sur le sujet des parts de marché, lors d’une audition devant Commission des Affaires Economiques du Sénat le 21 mai dernier, Stéphane Richard évoquait la possibilité de céder certaines bases de clients afin que le nouvel ensemble pèse 40% dans le mobile (contre 50% avec l’ensemble) et 45% sur le fixe (contre 48% avec l’ensemble). D’autre part, il est régulièrement évoqué une vente (fréquences, réseau, etc…) d’une partie de Bouygues à Free. 
 
Sur les tarifs, en cas d’un rachat par Free, la banque prévoit même l’abandon du forfait 0/2€ afin de faire remonter l’ARPU de Free Mobile. Il chiffre l’acquisition au minimum à 5 milliards. 
 
Sur la "guerre" commerciale engagée par Bouygues, pour la Société Générale : "si Free devait s'aligner et abaisser ses tarifs ADSL de 10 euros par mois, l'impact négatif sur son chiffre d'affaires et son résultat opérationnel (Ebitda) pourrait atteindre 340 millions voire 685 millions d'euros si la totalité de ses 5,7 millions clients haut débit basculait sur ce nouveau prix". 
Si cette hypothèse se vérifie, cela mettrait le ratio à 18,3% sur le CA soit le même que celui de Bouygues. L’Ebitda de Free en 2013 était de 1,204 milliard et un ratio de 32,%1 sur le CA. 
 
Enfin, selon les analystes d'Oddo, les dernières baisses de prix de Bouygues seraient uniquement tactiques. Il s’agirait pour Bouygues de faire craquer Orange ou Free et de précipiter soit une baisse de prix, soit un rachat. Bref, le principe de la terre brûlée : "au vu de la rentabilité limitée des offres fixes de Bouygues Telecom, nous estimons que le rationnel est essentiellement de précipiter la cession des actifs télécoms de Bouygues, en forçant Iliad [la maison-mère de Free] et/ou Orange à formuler une offre".
 
Guerre commerciale de Bouygues ? Guerre tactique pour faire bouger les concurrents pour précipiter un rachat ? 
Free attend que le prix de Bouygues baisse et Orange attend la décision de la Commission Européenne au sujet du rachat d'E-Plus (la filiale allemande de KPN) par Telefonica Deutschland pour 8,6 milliards d’euros dont la décision est attendue pour le 10 juillet. 
 
Le suite au prochain épisode.

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