Le rachat de SFR ne se limite pas aux clients et aux marques. Il rebat aussi les cartes du spectre mobile. La répartition des fréquences SFR profite aux trois repreneurs. Voici qui récupère quoi, et les effets attendus sur les réseaux.
153,5 MHz
Spectre SFR redistribué
+56,5 MHz
Pour Bouygues Telecom
+50 MHz
Pour Free
+47 MHz
Pour Orange
SFR détient aujourd’hui 153,5 MHz de spectre mobile. Avec le rachat, ces fréquences ne disparaissent pas. En effet, elles sont réparties entre les trois repreneurs. Le protocole d’accord du 6 juin organise précisément ce partage.
Dans le détail, Bouygues Telecom récupère la plus grosse part avec 56,5 MHz. Free obtient ensuite 50 MHz. Enfin, Orange reprend 47 MHz, soit la part la plus faible. D’ailleurs, ce choix surprend. On pensait Orange en position de tout rafler. Toutefois, le groupe reste de loin le mieux doté, comme nous le verrons plus bas.
Ce spectre se répartit entre plusieurs bandes utilisées en France. On y trouve les bandes 700, 800, 900 et 1 800 MHz. S’y ajoutent les bandes 2,1, 2,6 et 3,6 GHz. Par ailleurs, la répartition bande par bande n’est pas encore connue. Chaque opérateur pourrait recevoir un peu de spectre dans chacune, selon le détail validé ensuite.
Spectre total estimé après l’opération
Orange : ≈ 220 MHz (+47 de SFR)
Bouygues Telecom : ≈ 200 MHz (+56,5 de SFR)
Free : ≈ 190 MHz (+50 de SFR)
Largeurs proportionnelles, à titre indicatif. Totaux estimés d’après les chiffres relayés (alloforfait, d’après l’Arcep), sous réserve de validation. Le partage des fréquences de SFR (+47/+50/+56,5 MHz) figure, lui, dans le protocole.
Pour bien mesurer l’effet du rachat, le plus parlant reste la comparaison avant et après. Le tableau ci-dessous récapitule le spectre détenu par chaque opérateur, la part reprise de SFR, puis le total une fois l’opération validée.
| Opérateur | Avant (estimé) | Repris de SFR | Après (estimé) | Évolution |
|---|---|---|---|---|
| Orange | ≈ 175 MHz | +47 MHz | ≈ 220 MHz | +27 % env. |
| Bouygues Telecom | ≈ 145 MHz | +56,5 MHz | ≈ 200 MHz | +39 % env. |
| Free | ≈ 140 MHz | +50 MHz | ≈ 190 MHz | +36 % env. |
| SFR | 153,5 MHz | Réparti entre les 3 | n/a | n/a |
Avant et après : totaux estimés d’après les chiffres relayés (alloforfait, d’après l’Arcep), arrondis et sous réserve de validation. Le partage des fréquences de SFR (+47, +50, +56,5 MHz) provient, lui, du protocole.
En proportion, Bouygues Telecom réalise le plus gros bond, avec près de 39 % de spectre en plus. Free suit de près, à environ 36 %. Orange progresse de son côté de 27 %. Ces pourcentages restent indicatifs. En effet, ils dépendront du détail final validé par le régulateur.
Premier enseignement, la hiérarchie du spectre se resserre. Orange conserverait la tête, autour de 220 MHz selon les estimations. Toutefois, l’écart se réduit. Bouygues Telecom, notamment, passe juste devant Free, à environ 200 MHz contre près de 190 MHz. La répartition des fréquences SFR rééquilibre donc le marché par le haut.
Deuxième enseignement, le marché passe de quatre à trois opérateurs de réseau. Ainsi, chaque acteur restant ressort mieux armé en fréquences. De plus, cette consolidation reste suspendue à plusieurs feux verts. L’Arcep doit valider les cessions de fréquences, tandis que l’Autorité de la concurrence examine l’opération sur le fond.
À retenir : rien ne change à court terme pour les abonnés. L’opération n’est pas finalisée avant le second semestre 2027 et les obligations réseau de SFR restent en vigueur pendant toute la procédure.
La question logique suit : plus de fréquences, est-ce plus de débit ? Sur le principe, oui. En effet, à technologie et à densité d’antennes comparables, la capacité d’un réseau mobile augmente à peu près proportionnellement à la largeur de spectre exploitée. Concrètement, plus de spectre permet d’écouler plus de trafic, donc d’accueillir plus d’utilisateurs en simultané et de mieux tenir les débits aux heures de pointe.
Pour autant, prudence sur les promesses chiffrées. D’abord, la répartition bande par bande n’est pas connue. Or les bandes jouent des rôles différents. Les bandes basses, comme 700 à 900 MHz, portent loin et pénètrent bien les bâtiments. Elles servent surtout la couverture. À l’inverse, les bandes hautes, comme 2,6 et 3,6 GHz, apportent le débit là où il y a du monde.
Ensuite, le gain réel dépendra aussi du nombre d’antennes et du rythme de déploiement, notamment en 5G. C’est pourquoi aucun gain de débit précis ne peut être annoncé à ce stade. La répartition des fréquences SFR crée donc un potentiel de capacité supplémentaire, sans garantie chiffrée tant que le détail technique et le calendrier ne sont pas arrêtés.
Bouygues Telecom reprend 56,5 MHz, soit la plus grande part des 153,5 MHz de SFR. Son spectre total atteindrait ainsi environ 200 MHz selon les estimations, juste devant Free.
Non. L’opération n’est pas finalisée avant le second semestre 2027 et la répartition bande par bande reste à définir. Plus de spectre crée un potentiel de capacité, sans gain de débit chiffré garanti à ce stade.
Oui. Malgré la part reprise la plus faible, avec 47 MHz, Orange conserve le total le plus élevé du marché, estimé autour de 220 MHz.
Sources : communiqué de presse Arcep du 8 juin 2026 (arcep.fr) pour le rôle du régulateur et le principe des cessions de fréquences ; alloforfait.fr (8 juin 2026) pour la répartition du spectre par opérateur. Le partage des fréquences de SFR (+47 MHz Orange, +50 MHz Free, +56,5 MHz Bouygues Telecom) provient du protocole d’accord. Les totaux par opérateur sont des estimations relayées, à confirmer ; la répartition bande par bande n’est pas communiquée à ce jour.