En début de semaine, Sebastien Soriano est revenu sur l’échec du rachat de Bouygues par Orange (Le Figaro, 04/04). Pour lui : “Si les opérateurs gardent leurs nerfs et évitent de partir dans des guerres de promotion inconsidérée, le marché est viable à quatre (…) Les promotions nous inquiètent. Un petit peu de promotions c’est bien mais trop, attention! (…) Si les prix s’écrasent sur le marché, les opérateurs n’ont pas assez de marge pour financer les investissements“. Globalement, ce n’est pas faux, sauf que ce n’’est pas possible, car cela suppose d’organiser une entente sur les prix…

Pour cela, l’ARCEP souhaite “promouvoir un investissement intelligent” dans les zones rurales et incite “à une mutualisation très forte” car “à quatre il faut partager le fardeau sinon ça coûte trop cher et ce n’est pas rentable“.

Concernant la guerre des prix Stéphane Richard fait l’analyse suivante (Challenges, 04/04): “Je vous fais le pari, au contraire, que les prix vont remonter. Il y aura de l’agitation, mais pas de guerre des prix. Les promotions vont s’arrêter, c’est beaucoup d’argent gaspillé pour quelque millions de consommateurs sur un total de 60 millions. Les clients que vous gagnez en mars sont perdus en avril. Les différents acteurs n’auront simplement plus les moyens de bruler du fuel dans l’incinérateur de la guerre des prix“.

Martin Bouygues a également déclaré (Le Figaro, 04/04) : “Il faut être naïf pour croire que le marché français peut durablement fonctionner avec les prix les plus bas du monde dans le mobile et dans le fixe tout en ayant les investissements plus élevés. La logique voudrait même, à un moment, que les prix finissent même par remonter“.

Bouygues est à la recherche de parts de marché sur le fixe, Free sur le mobile. SFR veut regagner le terrain perdu et Bouygues, Free, Orange et SFR cherchent aussi à garder leurs parts de marché.

Dans ces conditions, la guerre des promotions va se poursuivre. Free va attendre que Bouygues craque. Bouygues va attendre que SFR craque. Orange regarde. P.Drahi vient de refinancer une partie de sa dette (il a utilisé ce qu’il aurait versé pour le rachat de Bouygues Telecom) : il va rembourser un peu plus, mais plus tard. A quoi va-t-il utiliser le cash économisé ?

Image: Viktor Gladkov/Shutterstock

Pour signaler une erreur dans l’article, surlignez le passage en question et pressez les touches Ctrl+Entrée de votre clavier.