Le 7 juillet 2026, l’Arcep a publié le bilan d’un audit mené sur Orange. Orange reste en effet propriétaire de la majorité des fourreaux et des poteaux utilisés pour déployer la fibre en France. Ce génie civil fibre conditionne ainsi le raccordement de tous les opérateurs, Bouygues Telecom compris. Voici ce que révèle ce bilan, et ce qu’il change concrètement pour votre raccordement Bbox.
Derrière chaque raccordement fibre se cache une infrastructure souvent invisible : le génie civil. Il s’agit des fourreaux souterrains et des poteaux qui permettent de faire passer les câbles optiques jusqu’à votre logement. Or, ce génie civil fibre appartient très majoritairement à Orange, historiquement chargé de déployer le réseau téléphonique. Tous les autres opérateurs, Bouygues Telecom compris, doivent donc louer l’accès à ces infrastructures pour installer leurs propres câbles.
Ce poste représente un enjeu économique considérable. Le génie civil peut en effet peser jusqu’à 70 % du coût total de déploiement d’une boucle locale optique. Orange possède ainsi, sur tout le territoire national, 13 millions d’appuis aériens. Le réseau souterrain atteint quant à lui 560 000 kilomètres. Cette capillarité n’est pas réplicable économiquement, ce qui rend l’accès à ce réseau indispensable pour l’ensemble des opérateurs.
L’Arcep a publié le 7 juillet 2026 le résultat d’un audit mené sur les systèmes d’information d’Orange. L’objectif était précis : vérifier que les opérateurs tiers bénéficient des mêmes informations, outils et délais qu’Orange lui-même. Cette exigence s’applique donc pour des prestations comparables.
Les résultats sont globalement satisfaisants. Pour la majorité des parcours de commande, l’audit n’a en effet relevé aucune situation de discrimination. Un point d’attention a toutefois été identifié. Les modalités de commande de remplacement de poteaux n’étaient pas identiques pour Orange et pour les autres opérateurs. Le groupe Orange a depuis corrigé ce point, dès le premier trimestre 2026. Les outils et les parcours de commande sont ainsi désormais unifiés.
L’Arcep demande par ailleurs à Orange de renforcer certains indicateurs de suivi, notamment sur le service après-vente. L’objectif consiste à s’assurer d’une chose précise : les écarts de performance observés ne doivent pas être liés au traitement réservé par Orange à ses propres demandes. Orange s’est ainsi engagé à enrichir ces indicateurs au fil de l’évolution de ses systèmes.
Bon à savoir : l’Arcep a précisé qu’elle veillerait à la mise en œuvre effective des évolutions annoncées par Orange sur ce dossier.
Pour vous, ce bilan ne change rien dans l’immédiat. Il rassure toutefois sur la qualité du déploiement fibre à long terme. Ce génie civil fibre conditionne en effet les délais de raccordement, quel que soit l’opérateur choisi. Un accès équitable aux fourreaux et aux poteaux d’Orange profite donc directement à Bouygues Telecom. Cela lui permet de déployer et d’entretenir son réseau fibre dans des conditions comparables à celles d’Orange lui-même.
Ce cadre est d’ailleurs encadré juridiquement. La décision de l’Arcep n° 2023-2801 impose en effet à Orange des obligations précises de non-discrimination. Ces obligations concernent l’accès à ses infrastructures. C’est donc ce cadre réglementaire qui explique, en partie, pourquoi un raccordement fibre suit des étapes précises. Il ne s’agit ainsi jamais d’une simple intervention technique isolée.
Parce qu’il représente jusqu’à 70 % du coût de déploiement d’un réseau fibre. Les fourreaux et poteaux qui le composent appartiennent majoritairement à Orange, et sont utilisés par tous les opérateurs.
Globalement oui. L’audit n’a relevé aucune discrimination majeure, avec un seul point corrigé depuis, sur la commande de remplacement de poteaux. Certains indicateurs de suivi restent toutefois à renforcer.
Pas directement. Ce bilan garantit surtout que Bouygues Telecom accède au génie civil d’Orange dans des conditions équitables, ce qui profite à la qualité du réseau fibre sur le long terme.
Source : Arcep, communiqué du 7 juillet 2026, « Infrastructures : accès au réseau de génie civil et non-discrimination entre les opérateurs ».