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Hier, Martin Bouygues a été auditionné par la commission économique du Sénat (La Tribune, 01/07). Il a bien sûr et classiquement attaqué l’ARCEP sur la situation dans la téléphonie mobile et plus particulièrement la situation de Bouygues Telecom et demandé la fin de l’itinérance dont bénéficie Free. 
 
Concernant la consolidation dont Bouygues pourrait être l’acteur, il a déclaré : "Pour le moment il n'y a rien de concret. Arnaud Montebourg a fait des déclarations en ce sens. Si tel ou tel opérateur veut étudier des solutions, pourquoi pas ? Mais pourquoi Bouygues Telecom serait forcément le dindon de la farce ? Parce que le régulateur l'a décidé ? Pour l'instant, rien ne se fait dans ce domaine.". Une énigme à noter : "Pourtant, j’ai eu l’occasion de fréquenter d’autres régulateurs dans d'autres secteurs d’activité.". Il faudrait en dire plus, quels régulateurs et dans quels pays ? Ce serait certainement instructif.  
 
A ce jour, ce ne sera donc pas Orange. Reste une opération autour de Free ou comme le souligne Martin Bouygues à "préparer Bouygues Telecom à être compétitif dans un monde à quatre opérateurs.". 
 
Stéphane Richard donne quelques explications (La Tribune, 02/07) l'arrêt des discussions avec Bouygues Telecom : 
"L'opération n'était pas évidente : elle devait concilier le passage devant l'Autorité de la Concurrence, et sans doute la Commission européenne, et créer incontestablement de la valeur pour Orange et ses actionnaires. Il fallait aussi trouver une valorisation correcte pour Bouygues Telecom et nécessairement un partenariat très fort avec Iliad [la maison-mère de Free].
 
Les conditions n'étaient pas réunies sur ces deux points : les demandes de Bouygues étaient trop élevées et Iliad ne voulait pas aller suffisamment loin dans sa participation à une opération. Nous avions exclu dès le départ qu'Iliad se contente de reprendre uniquement le réseau et les fréquences comme dans l'accord signé avec Bouygues en cas de rachat de SFR.". 
 
Selon la presse, Bouygues demandait entre 7 et 8 milliards d'euros pour sa filiale télécoms, Orange offrait 6 milliards et Free entre 4 et 5 milliards.
 
Pour Stéphane Richard, le plat pourrait bientôt repasser "peut-être dans six mois, mais ce ne sera pas à notre initiative." Pour lui, SFR-Numericable pourrait en être également.

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