La Fédération Française des Télécoms publie son bilan éco 2020. Comme chaque année, l’association réunissant les opérateurs télécoms (sauf Free) en France publie son étude économique du secteur des télécoms.

Le bilan annuel de la FFT montre notamment que les prix des offres fixe et mobile restent bas en France par rapport aux autres pays occidentaux malgré des investissements records de la part des opérateurs.

Des réseaux indispensables pendant la crise sanitaire

En effet, l’année 2020 qui se termine a été particulièrement difficile pour de nombreux secteurs en raison de la crise sanitaire mais les réseaux télécoms ont permis le maintien de certaines activités essentielles.

En effet, près de 60% des salariés ont été mis en télétravail au mois d’avril 2020 (contre 3% un an auparavant) et une majorité d’étudiants suit toujours les cours en ligne. Le suivi médical à distance a également explosé pendant les périodes de confinement. 

Tous ces nouveaux usages ont donc fortement pesé sur les réseaux fixes et mobiles mais les opérateurs ont su s’adapter rapidement.

Des investissements records

Le bilan de la FFT montre que les opérateurs télécoms sont les champions des investissements privés avec plus de 10 milliards d’euros investis en 2019 pour les réseaux fixes et mobiles en France (hors achats de fréquences). Cela équivaut à 2 334 éoliennes ou 684 collèges. 

En Europe, l’effort d’investissement des opérateurs français est nettement supérieur aux autres grands pays avec un CAPEX (investissements) représentant 22% de leur chiffre d’affaires.

Avec un tel effort financier, les rythmes de déploiement des réseaux fixes et mobiles à très haut débit sont importants.

Sur le fixe, le nombre de locaux raccordés au FttH (Fiber to the Home) a augmenté de 4,8 millions en 2019. Le déploiement du très haut débit en France concerne toutes les strates de population, même les zones moins denses (RIP) avec plus de 4 millions de locaux éligibles au FttH au T2 2020.

Les opérateurs ont également fortement investi sur le mobile avec près de 84 000 antennes 4G actives sur le territoire au 1er décembre 2020 (tous opérateurs confondus). 

Le lancement commercial de la 5G a eu lieu courant décembre 2020 en France. Selon les derniers chiffres tous opérateurs confondus, 17 596 antennes 5G sont en service.

Début 2020, le seuil des 10 Go de data consommés par mois par utilisateur a été franchi sur le mobile. Ce chiffre montre bien l’importance d’augmenter constamment la capacité des réseaux et surtout de nouvelles technologies comme la 5G pour éviter toute saturation.

Des prix qui restent toujours bas

Malgré les investissements records en France, les prix des offres fixe et mobile restent les plus bas des grands pays occidentaux.

Sur le fixe (offres triple play), la France arrive juste après la Pologne avec une moyenne de 25€/mois. La moyenne sur le mobile en France est de 14€/mois (offres avec 50 Go de data) soit 17 centimes le Go, à égalité avec la Pologne.

Les taxes spécifiques appliquées aux opérateurs n’aident pas non plus à améliorer la rentabilité du secteur. Le rapport de la FFT met notamment en avant les conditions de concurrence inéquitables avec les géants de l’Internet.

Les opérateurs Européens connaissent une croissance de leurs revenus beaucoup plus faible que les « les champions américains et asiatiques ». La croissance annuelle de l’écosystème numérique entre 2010 et 2019 est de 1% pour l’Europe contre 9% pour l’Amérique du Nord ou 7% pour l’Asie.

Un secteur sensible à son impact environnemental

Les nouvelles technologies fixes et mobiles ont permis aux opérateurs de réduire leur impact environnemental depuis maintenant plusieurs années. 

Le passage à la fibre par exemple permet de diviser par trois la consommation énergétique par rapport au réseau ADSL. De même, la question de l’impact environnemental a été intégrée dès le début de la conception de la norme 5G. Ainsi, le nouveau réseau mobile consomme jusqu’à 10 fois moins que la 4G. 

Les opérateurs ont également beaucoup travaillé pour diminuer la consommation électrique des box et pour encourager le recyclage des mobiles. 

Ainsi, grâce aux efforts fournis par les acteurs du secteur, l’empreinte carbone des réseaux est plutôt stable et devrait le rester malgré la hausse constante du trafic internet. La majorité de l’empreinte carbone dans le numérique est liée aux data-centers et aux terminaux. 

La FFT estime donc que les télécoms peuvent être une des solutions aux défis environnementaux qui se posent pour les prochaines années. Le télétravail permet par exemple d’éviter une quantité non négligeable d’émission de CO2. 

Pour signaler une erreur dans l’article, surlignez le passage en question et pressez les touches Ctrl+Entrée de votre clavier.